La trajectoire du Féminisme qui change le monde

    Miriam Nobre apresentou ontem (26) a trajetória da Marcha Mundial das Mulheres.

Miriam Nobre apresentou ontem (26) a trajetória da Marcha Mundial das Mulheres.

 

La mémoire et la trajectoire des années de lutte de la Marche Mondiale des Femmes (MMF), ses approches et l’expérience des jeunes militantes furent certaines des thématiques qu’ont présenté les représentantes du Comité International de la MMF durant la seconde journée de la 9ème Rencontre Internationale de la Marche, qui se déroule actuellement à Sao Paulo, au Brésil.

Reprendre l’histoire de la Marche et la partager avec plus de 15 000 femmes participant à la Rencontre, c’est ce qu’a fait Emilia Castro (Québec), en racontant les débuts du mouvement féministe. Comme elle l’a expliqué, le 26 mai 1995, près de 800 femmes ont marché jusqu’à la capitale de la province du Québec, pour réclamer des réformes économiques. En présentant neuf revendications clés, ces femmes marchèrent pendant dix jours, aux côtés de la population qui les soutenait, et le 4 juillet, près de 1500 personnes les attendaient à la capitale. Plus tard, la délégation se rendit à Beijing, la capitale de la Chine, et de cette expérience naquit l’idée de la Marche Mondiale des Femmes.

«Nous voulions que les femmes du monde entier marchent pour dénoncer les politiques du FMI et s’opposer à la pauvreté des femmes, car si toutes s’unissaient, tout était possible», a expliqué Emilia. Ainsi, en l’an 2000, la Marche fut organisée, pour dénoncer le modèle basé sur la domination d’un système unique, celui du capitalisme néolibéral et du patriarcat, qui se nourrissent mutuellement.

Cette convergence de femmes du monde entier a généré cinq valeurs fondamentales pour le mouvement, au sein de la Charte Mondiale des Femmes pour l’Humanité, qui s’est construite collectivement, en dénonçant les effets du néolibéralisme sur la vie des femmes. «La Marche est un mouvement féministe qui lutte contre les discriminations envers les femmes, et où la solidarité internationale représente une stratégie indispensable. Nous avons construit de façon collective l’échange issu de la Charte Mondiale. Nous avons appris, malgré nos divergences, et c’est cela qui fait notre force et notre crédibilité», souligne Emilia.

Des femmes pour la démilitarisation

La force de la Marche mobilise des femmes de différentes parties du monde, contre un système capitaliste, et dont l’une des stratégies est le contrôle des territoires en Amérique Latine, en Asie et en Afrique, et la militarisation, que les femmes de la Marche ont toujours dénoncé. Nana Aïcha Cissé, du Mali, a expliqué que ce phénomène suscite «une nécessité de parler de paix et de développer une culture de la paix, même après la fin de la guerre. Parler de la paix est une nécessité mais il est encore plus important de parler de démilitarisation».

Au cours des guerres de basse intensité, des milliers de femmes et de petites filles sont utilisées comme butin de guerre, et victimes d’abus sexuels. Ainsi, la MMF envisage comme axe central les problématiques de la paix et de la démilitarisation, qui sont au coeur du conflit dans la région des Grands Lacs en Afrique. «Notre désir d’en finir avec tout cela nous a poussé à analyser le patricarcat et le capitalisme comme des moteurs de l’opression», signale t-elle.

La Troisième Action Internationale de la Marche, réalisée en 2010 en République Démocratique du Congo (RDC), a transformé la MMF en un mouvement à part entière au coeur de la lutte contre la violence. Et au sein de ce processus, Nana Aïcha souligne: «Les femmes ne doivent pas être exclues des processus de négociation. Dans notre Afrique traditionnelle et au sein de la communauté, les femmes ont toujours été là pour renforcer les liens de solidarité entre les familles et les peuples. C’est ce rôle traditionnel qu’il nous faut relancer».

Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) et l’art féministe

Et au coeur de ce processus de reprise de la trajectoire de la Marche, deux autres éléments fondamentaux dans le renforcement du mouvement sont la communication et l’art. «L’information, ce sont nos idées, notre manière de penser, les textes produits, la musique et la vidéo, c’est notre façon de rompre le silence, de faire entendre notre voix. La communication, c’est partager nos idées et notre réflexion avec le reste du monde. Ce mouvement se construit à partir de notre communication», affirme Judite Fernández, du Portugal.

Faire circuler les idées, les stratégies et les propositions politiques que la Marche développe est un facteur clé pour rendre visible le travail du mouvement des femmes, et en cela les NTIC sont une contribution de plus, qui sont pensées depuis la diversité des femmes qui participent à la MMF. «Lorsqu’on parle de technologie, il faut prendre en compte le fait que toutes n’ont pas accès à internet et qu’il est important que nous soyons capables de créer nos propres technologies. L’Afrique a un taux d’accès à internet de 7%. L’open-code est une solution, car notre pensée doit être accessible partout dans le monde», précise Judite.

Un autre des défis que Judite a exposé aux participantes de la Rencontre est celui de réfléchir «à comment nous produisons et vivons l’art, qui a une force politique très importante. Il nous faut développer au coeur de la Marche une esthétique propre, car nous sommes toutes des artistes et cela ne peut et ne doit pas être quelque chose d’élitiste», a t-elle affirmé.

Les jeunes en Europe

Une autre des trajectoires importantes qu’a vécu la Marche ces dernières années est l’intégration de jeunes militantes en Europe, qui dans un contexte de crise et de transformations idéologiques résistent face au modèle néolibéral, qui actuellement opère une stratégie de privatisation des biens communs et de destruction des services publics. «Notre situation concrète, c’est que nous sommes contraintes à des pratiques nouvelles: du fait par exemple de ne pas avoir accès au logement, nous devons vivre en cohabitation, et la vie en communauté prend un sens nouveau», a expliqué Clara Carbunar, de la MMF en France.

Dans ce contexte, la nécessité d’articuler et de développer des stratégies politiques a poussé les jeunes militantes de la Marche en Europe à organiser chaque année, depuis trois ans, le Campement des Jeunes Féministes en Europe, une expérience de construction politique collective.  «Nous devons renforcer notre dynamique à l’échelle du continent, et au sein du Campement nous voulions du temps pour nous connaître et pour vivre ensemble, de façon écologique, avoir une expérience entre femmes, en partant du principe de l’autogestion, en nous répartissant les tâches et les responsabilités. Ces trois dernières années, nous avons réuni des femmes d’une vingtaine de pays», a expliqué Clara, qui souligne que beaucoup des jeunes femmes ayant participé au Campement ont vu leur vie changer après cette expérience.

Le Bilan politique

La diversité de la Marche, ses alliances stratégiques et ses relations avec les institutions furent les thèmes abordés par Miriam Nobre, Coordinatrice du Secrétariat Internationale de la MMF.

Les différences de générations et de cultures, dont se nourrit la MMF est un élément fondamental de l’identité politique du mouvement, en perpétuelle construction. Au coeur de ce panorama complexe, Miriam a expliqué que «nous prenons en compte nos contradictions et nous essayons de les surmonter, et en cela nous nous renforçons par l’autocritique approfondie et non par la dispute». Et cette cohérence au sein de la pratique est importante (la pratique étant politique), puisque le consensus est la base du travail de la MMF.

La MMF comme mouvement international a développé une politique d’alliances avec des acteurs tels que des groupes anti et altermondialistes ou des mouvements sociaux comme la Via Campesina ou les Amis de la Terre, afin de produire des agendas politiques communs. Et en ce sens, la construction de nouvelles formes d’alliances avec les mouvements féministes est un défi permanent.

«Ce que nous sommes en train de construire depuis tant d’années, en tant de mouvements sociaux, est quelque chose de fort, car nous avons réussi à rendre visible l’idée que ce qui dirige nos vies, c’est le marché, bien plus que les institutions. Quand nous remettons en cause l’Etat, nous remettons en cause le marché, en cherchant d’autres formes de cohabitation pour renforcer notre mouvement, afin de continuer la lutte, jusqu’à ce que nous soyons toutes libres», a conclu Miriam.

 

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